Le hussard vert

blog d'humeur littéraire

21 décembre 2009

Autopromotion

AUTEUR ACADEMY (Grasset) sort le 3 février 2010. Qu'en dire ?

Je serai tenté de vous en dire du bien.
Mais ce serait vaniteux.
Si certains peuvent critiquer un livre sans l'avoir lu, d'autres renoncent pour l'avoir trop étudié.
C'est mon cas. J'ai lu Auteur Academy 1243 fois (en entier).
Non, je ne suis pas fou.
Non, je ne suis pas monomaniaque.
Encore moins analphabète.
Non, ce n'est pas à cause de l'intrigue complexe ou du style abscons. Il se lit très bien.
Non je ne suis pas particulièrement fan de cet auteur.
D'autant que c'est son premier roman.
Seulement, cet auteur c'est moi. Qui scribit, bis legit*
Je ne pense plus rien de ce livre. Je l'ai écrit, voilà tout.

cyclade1

Il sort dans un mois et demi (librairies, fnacs, amazon, bla, bla...). En attendant je vous livre la quatrième de couverture :

"Une île grecque au milieu de la Méditerranée. Un vieux monastère. Treize candidats filmés jour et nuit devant leur page blanche.
Auteur Academy, c’est la Star Ac à la Villa Médicis. Ou quand la téléréalité s’empare de la littérature.
Sur les plateaux du praïme, les pensionnaires croisent les figures du parisianisme le plus caricatural. Ils prennent des cours de marquetine littéraire avec Jeandeau, l’Académicien éternellement bronzé, il s’exercent à la pédagogie du scandale avec Michel Hache, écoutent le célèbre animateur Bernard Paix leur enseigner les secrets de l’interviou.
Amitiés de circonstance, amour et jalousies, ambition et mesquineries : cette "île de la création" sera-t-elle un tremplin ou un tombeau pour les aspirants au prix Goncourt ?

Dans ce jeu de massacres,  Pierre Chavagné ridiculise les travers d’une société du divertissement où l’on croit qu’il est possible de fabriquer des écrivains :  la moquerie intelligente des mœurs littéraires par un jeune auteur qui s’inscrit dans la tradition des moralistes.

Pierre Chavagné, né en 1975 en banlieue parisienne, vit et travaille dans le Sud de la France. Auteur Academy est son premier roman."

18673_1275579179116_1519051092_743142_1031962_n

Auteur Academy (Grasset) 361p 
Sortie le 3 février 2010

* Qui écrit, lit deux fois. (Dans mon cas, ce fut 1243 fois.)

Posté par pierre_chav à 17:38 - Chronique de mon premier Roman - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

18 octobre 2009

L'art du portrait

"C'était un grand échalas, prodigieux en hauteur, et si mince qu'on croyait qu'il allait rompre." Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon

giacometti_man_striding L'homme arpentant, Giacometti

Posté par pierre_chav à 21:01 - La citation de la semaine - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

11 octobre 2009

Un chasseur de têtes norvégien

Quatrième de couverture : Roger Brown le répète à qui veut l'entendre : il est le meilleur chasseur de têtes de toute la Norvège. Pas un collègue ne lui arrive à la cheville, et quand il décroche son téléphone, tous les DRH du pays ont le doigt sur la couture.
Mais il faut toujours se méfier des apparences, même au sommet de la société. Roger Brown vit au-dessus de ses moyens : sa villa est trop grande et sa femme bien trop belle. Sans parler de la galerie d'art de cette dernière qui engloutit toutes ses finances. Il n'a donc pas le choix : alors que ses richissimes clients sont convoqués à des rendez-vous professionnels qu'il a lui-même mis sur pied, il en profite pour s'introduire chez eux et leur voler leurs oeuvres d'art.
Un jour, le candidat parfait se présente : le Néerlandais Clas Greve. Ancien militaire spécialiste de la technologie GPS, il possède le profil idéal, ainsi qu'un Rubens. Si Roger Brown réussit à mettre la main sur ce tableau, ses problèmes financiers seront réglés. Et son épouse sera sienne pour toujours...
Mais Roger va bien vite comprendre que, dans cette histoire, tout le monde veut quelque chose, et que personne n'a rien gratuitement. Pas sans tuer... La chasse aux têtes est ouverte !

7 bonnes raisons de lire ce livre :

1. Je n'aime pas les romans policiers et j'ai aimé Chasseurs de têtes

2. On apprend comment résister à un interrogatoire du FBI

3. C'est drôle et rocambolesque comme un Tarantino

4. C'est sanglant et cynique comme les meilleurs films des frères Coen

5. C'est brillant comme un De Palma

6. Pour l'intrigue au cordeau donc

7. Et pour son côté fantaisiste et dérisoire

Merci RV pour m'avoir conseillé ce livre.

9782070122462 Chasseurs de têtes, Jo Nesbo (Série Noire - Gallimard)

Posté par pierre_chav à 23:16 - Romans étrangers - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

10 octobre 2009

Un roman drôle et délicat

- A quoi tient l'amour ?

- Au hasard, à la folie, à la délicatesse.

Sans renier son humour, Foenkinos gagne en profondeur et revisite ses thèmes de prédilection : le couple, la femme et l'amour. Un amour en fuite comme le chantait Souchon, véritable B.O. du roman, tant pour l'atmosphère que pour l'histoire.

104193177444 David Foenkinos en train de ne pas réfléchir...

Entre deux aphorismes de Cioran, l'auteur nous livre la recette du risotto aux asperges, le podium du championnat du monde de puzzle ou un extrait d'une pièce de Boris Vian. C'est frais et léger, comme une comédie romantique américaine des années 50. Si bien qu'en quelques chapitres on croit à cette histoire d'amour entre une jeune veuve en deuil et un suédois insignifiant et maladroit. Les moments clés de l'intrigue sont maîtrisé à la perfection, parfaitement mise en scène. On pleure, on rit.

L'incipit donne le ton : "Nathalie était plutôt discrète (une sorte de féminité suisse)" pour les lecteurs qui connaissent les oeuvres précédentes de l'auteur cette obsession pour le métaphore helvétique est une signature, une continuité, une oeuvre cohérente en construction. Foenkinos murit sans se renier. Ses romans éveillent en moi le même plaisir qu'un (bon) Woody Allen. C'est dire !

foenkinos_la_delicatesse La Délicatesse, David Foenkinos (Gallimard)

Posté par pierre_chav à 12:08 - Romans français - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

02 octobre 2009

Un homme rejeté

L’Homme rejeté a trente ans exactement. Il a été publié en 1979 chez Fayard et réédité en 2001 aux éditions de l’Envol qui ont malheureusement fait faillite.Une lecture coup de poing au milieu de cette rentrée littéraire 2009.

PierreMagnan Pierre Magnan - tel qu'il apparait sur la couverture d'Un Monstre sacré, dernier tome de ses mémoires chez Denoël.

Sous forme de journal, Pierre Magnan relate son expérience en entreprise sur trois années charnières, de 1975 à 1977, jusqu’au licenciement économique. De restructuration en mutation, c’est l’arrivée de l’informatique et du nouveau management « made in USA ». C’est la crise et les prémices du libéralisme.

Certes dans ce roman les marques sont datées (qui se souvient de Simca Chrysler, de BSN ?), les hommes politiques disparus (Marchais, J.J.S.S.) mais La violence des échanges en milieu tempéré pour reprendre le titre d’un très bon film, est immuable : les vexations, les tortures psychologiques, les décisions absurdes, la valse des responsables, les objectifs inatteignables tout y est. C’est aussi le début du chômage de masse.

Sec et précis, l’auteur affûte sa plume pour disséquer « la boîte » : une entreprise de transport frigorifique où il a fait toute sa carrière. On dirait le carnet d’un ethnologue au pays du capitalisme.

Ce roman m’a rappelé 325 000 Francs de Roger Vailland. L’histoire d’un ouvrier qui voulait prendre un gérance un snack bar sur la N7. Eldorado des années 50 et condition sine qua non à son mariage. Il décide alors avec un collègue de prendre les 3x8 à deux durant une année afin d’économiser la somme nécessaire à l’acquisition du fonds de commerce : 325 000 F. Il compte sans cesse les rendements, les cycles, les économies, les bénéfices. Pour gagner du temps, il relève la grille de sécurité sur la grande presse. Le dernier jour de son défi, entre fatigue et euphorie, il a le bras broyé. Le livre est construit comme une tragédie moderne. L’ouvrier qui en voulant sortir de sa condition se heurte à la fatalité.

On retrouve les mêmes ingrédients dans L’homme rejeté, travail, organisation, humanité -les portraits des collègues, des clients, des fournisseurs ou d’anonymes dans le train, le soir, sont savoureux. Mais ce qui est précurseur chez Magnan, c’est de mettre en avant le quotidien d’un agent de maîtrise (et non d’un ouvrier), et de montrer comment le système le broie après 25 années de bons et loyaux services. C’est de pointer le stress au travail, la nécessaire mobilité du salarié, l’idée du suicide, le début de la précarité, l’impossibilité de travailler après cinquante ans, l’émergence d’une classe moyenne fragilisée. Tout cela est décrit simplement, logiquement, à hauteur d’homme.

« L’amour ne résiste pas à vingt-deux francs cinquante par jour. Même un amour de trente ans. On finit fatalement par s’engueuler tous les jours. On prend ces figures figées de vieillards qui n’ont plus rien à se dire et ne se comprennent plus, même dans les détails. On ne s’intéresse plus au monde, ni au paysage, ni aux étoiles avec vingt-deux francs cinquante par jour. Il faut être comme ce hippy là dehors qui fait des entrechats devant le soleil. Il faut avoir vingt-cinq ans et croire qu’on les aura toujours.»

Les bons romans sur l’entreprise sont rares. Celui-ci témoigne de la fin des trente glorieuses et de l’entreprise à papa. il porte déjà en lui les désordres économiques et sociaux de ce début de siècle. Son insuccès commercial n’a pas encouragé l’auteur à poursuivre dans cette voie. Dommage.

Couv_HommeRejete L'Homme rejeté, Pierre Magnan (L'Envol) - Epuisé

Site de l’auteur : www.lemda.com.fr/ pour découvir la trentaine d'ouvrages de Pierre Magnan.

325000francs 325 000 Francs, Roger Vailland (Livre de Poche réédité chez Buchet-Chastel)

Posté par pierre_chav à 20:25 - Romans français - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

25 septembre 2009

Dictionnaire et calembours

dictionnaire

"Un dictionnaire sans citation est un squelette." Voltaire (C'est vrai. Et ca fait bien de citer Voltaire, je crois que je ne l'avais pas encore fait).

corbeille_a_papier

"N'oublie pas qu'on écrit avec un dictionnaire et une corbeille à papier. Tout le reste n'est que litres et ratures". Blondin (J'aime bien citer l'auteur de Monsieur Jadis, c'est moins classe que Voltaire mais c'est plus drôle).

Posté par pierre_chav à 20:06 - La citation de la semaine - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

22 septembre 2009

Une belle histoire...

"J 'ai une tendresse particulière pour ceux qui sont flous sur une photo parce qu'ils ont bougé. [...] J'aime ceux que la mémoire ne retiendra pas, qui ne seront qu'ombres agitées ou voiles passants. C'est pour raconter leur histoire, que j'ai choisi deux de ces fantômes tremblés". C'est comme ça que Sorj Chalandon s'adresse au lecteur sur le site de Grasset pour introduire son nouveau roman : La Légende de nos Pères. J'ai refermé ce livre tard hier soir et j'hésitai aujourd'hui à le chroniquer de peur de trahir ce que j'ai ressenti en fermant les yeux sur mon oreiller, de flétrir mon souvenir. Parviendrais-je à restituer la sensation d'avoir touché un livre délicat, un miracle d'équilibre qu'on peut briser au moindre souffle. Tant pis, je me lance. On verra bien.

Un biographe professionnel accepte d'écrire les souvenirs d'un ancien résistant du nom de Beuzaboc. Dans la chaleur étouffante de la canicule le vieil homme va se raconter. A-t-il vaiment tuer ce soldat allemand ? A-t-il été blessé par un obus ? A-t-il été responsable d'un corps francs ? A-t-il seulement résisté ? Résumé le dernier roman de Chalandon est le réduire à l'histoire alors qu'il est une multiplicité d'histoires savamment orchestrées. Il y a les histoires qu'on raconte pour endormir les enfants, il y a l'histoire avec un grand H, celle qu'on réécrit , celle qu'on a vécu et celle qu'on invente.

L'originalité de la construction est dans la grande variété des formes narratives : textes écrits, réécrits, questions, réponses, reformulation, interprétation. (Les dialogues pesées m'ont rappelé Hygiène de l'assassin de Nothomb, notamment par la tension des scènes.) Les chapitres s'enchevètrent entre passé et présent , fiction et réalité jusqu'à former un noeud gordien entre les personnages et leur conscience, entre l'honneur et la honte, le vice et la vertu :

Faut-il mentir pour qu'émerge une vérité ? Faut-il préserver l'innocence de l'enfance en taisant la guerre ou en la glorifiant ?

Chacun trouvera sa propre réponse. En revanche tout le monde s'accordera à louer la plume du biographe. En effet par la seule puissance du style, l'auteur parvient à nous attendrir avec des personnages qui n'existent pas. Il prouve par l'exemple qu'un adjectif, qu'un surnom approprié permet d'évoquer une histoire comme si elle était vraie. Dans une structure fractale - ou gigogne si on préfère, il met la mécanique de l'écriture à nue et montre les coulisses d'un romancier, son travail, ses trucs... C'est l'aspect de son texte qui m'a le plus séduit, juste après l'amour d'une fille pour son père. Car il est aussi question d'amour filial, tour à tour naïf, aveugle, lucide, infini. Et nous que nous lègueront nos pères ? Des souvenirs ou des histoires ? Des légendes ?

Un livre ?

9782246726210 La légende de nos pères, Sorj Chalandon (Grasset)

Posté par pierre_chav à 23:16 - Romans français - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

19 septembre 2009

Essai non transformé

melee432 Les Bleus contre les Blacks ou les "Outrenoirs contre Garamène"

Quatrième de couverture : "Volmeneur, pointe Nord de la République. Le club de rugby de la ville joue le premier match de la saison. À l’issue de la rencontre, un corps carbonisé est trouvé dans les vestiaires. C’est le début d’une enquête que Fénimore Garamande vivra aux trousses de l’assassin de l’Olympe, tueur en série qui laisse derrière lui des corps suppliciés et des citations philosophiques pour reproduire les scènes les plus sanglantes de la mythologie grecque. C’est aussi le début d’un championnat qu’on vivra au coude à coude avec le XV légendaire des Outrenoirs. Dans la victoire, dans la défaite, dans le combat."

Dans ce livre, il est question d'Héraclite, de Rugby, de flics, de mysticisme et de mythologie, de meurtres et de matchs. On entre tour à tour dans les pensées d'un enquêteur, d'un tueur, d'un procureur, d'une femme amoureuse, d'un première ligne, d'un titulaire, d'un remplaçant. On écoute les monologues de l'entraineur, du président, d'une femme délaissée, des journalistes sportifs ou pas, des indics, des prostituées, des supporters... C'est un prodige que tout ce capharnaüm tienne debout, un miracle qu'il fonctionne. Julien Capron a réussi à animer une trentaine de personnages sur 600 pages sans perdre son lecteur. Il distille une écriture baroque à l'image du monde qu'il a inventé, le même que dans son roman précédent Amende Honorable. - Un république qui sort d'une guerre civile, avec des noms de villes à coucher dehors : Volmeneur, Pitiébourg, Capitale, Laédicée...

Si les pages sur le Rugby m'ont franchement convaincu : Entrainement, sélection, stage de cohésion, défaite, victoire, échauffement, les discours d'avant-matchd'avant-match, les tourments d'un titulaire, les espérances d'un remplaçant, les blessures, les séances de musculation, tout y passe et avec mention. L'écriture respire la passion. Qu'il s'agisse d'un pilar ou d'une gazelle, les mots tombent avec justesse ; dans la mêlée ou dans les vestiaires, les phrases sonnent vrais . Je le redis Julien Capron ne perd aucun lecteur lors de ces matchs. Les règles et les enjeux sont clairs, les mouvements limpides, les actions rythmées. On sent les corps se fracasser, la sueur se mêler et le ballon passer de mains en mains. Il parvient aussi à fixer l'esprit du jeu : chevaleresque et besogneux, âpre et généreux.

Si la fragilité de l'enquêteur provincial Fénimore Garamande m'a touché : C'est un flic tiraillé entre son ex et sa collègue ; désabusé, il préfère les livres et les séries TV à la réalité. Ses réflexions sur la vie sont intéressantes et lui donnent l'épaisseur d'un vrai anti-héros. D'ailleurs tous les personnages de ce roman possèdent une personnalité propre, au delà du simple portrait, on saisit en quelques lignes leurs traumas, leurs ambitions, leurs qualités et leurs défauts. Julien Capron a accordé autant de soin à tous ces personnages.

L'enquête ne m'a pas franchement intéressé : Elle se résume en une succession de macchabées sacrifiés à la mode mythologique et à un enchïnement de supposition théorique de Garamande. Les citations d'Héraclite trouvés sur les corps appellent toujours une anecdote liée à un Dieu de l'olympe. C'est un peu long et scolaire. Son seul intérêt est de visiter les bas-fonds de Volmeneur.

La mise en page est élaborée, entre poèmes, ôdes, chants et récit, on est happé. La carte de la République, les annexes sur les règles du jeu et un extrait de faux sites internet de supporter participent au folklore. On veut croire en ce pays imaginaire si proche du nôtre et si différent. L'écriture est soignée quoiqu'inégale. Les trois premières pages ont l'apparence d'une sombre poésie baroque. C'est original, mystérieux et beau mais elles peuvent en rebuter plus d'un. (Des lecteurs aguerris m'ont déjà confié avoir eu du mal à entrer dans le roman). La suite est de facture plus classique avec des fulgurances et quelques relâchements.

Exemples :

Le style baroque : "Mots tout gonflé de houle, Verbe zébré d'amures, La voix humaines, la voix comme un pavois drapé de tumulte et de rumeurs. Volmeneur n'est pas une ville qu'on évoque sans que pince l'émotion des gloires sombres" (p.15)

Le style épique à propos de la mêlée : "Il faut lever le front, et gagner la fournaise." (p.19)

Les faiblesses, un festival de subordonnées : "Un élan, personnage sur la planche, qui annonce que les choses peuvent être jeunes encore, mais qui prouve à lui seul que vivre est épuisant. D'un coup frappé d'ombre, notamment juste après qu'a sonné son portable et qu'il a décliné après un coup d'oeil triste à l'écran. Pour elle, un homme beau et plein, comme relevé d'une épice, mais qui exigeait qu'on aimât qu'un baiser sente le nicotine et, très souvent la bière". (p.96)

Il faut être juste, les phrases faibles de Julien Capron surpassent les meilleures lignes de nombreux auteurs.

On ne peut pas reprocher à Julien Capron son manque d'ambition, tant sur le fond que sur la forme. Une histoire avec du souffle, un style neuf et le courage d'affronter de multiples personnages et autant de thèmes. J'ai aimé découvrir son univers, j'ai tourné les pages avec plaisir. Il récolte 5 pts : il a planté son essai. Maintenant, j'attends avec impatience que son Match Retour lève mes doutes sur l'enquête policière et sur Héraclite. Julien Capron oriente sa balle vers les perches, il tentera une transformation en coin, 2 pts pour emporter la partie et ma totale adhésion. Pas évident mais pas impossible.

9782081214095 Match aller, Julien Capron (Flammarion)

Posté par pierre_chav à 20:41 - Romans français - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

13 septembre 2009

La rose et le réséda

Le 19 juin dernier (http://lehussardvert.canalblog.com/tag/La%20Rose%20et%20le%20r%C3%A9s%C3%A9da) j'avais promis une version musicale du poème d'Aragon... Ce n'est pas la Tordue, pas Juliette Gréco, pas Bernard Lavilliers, en fait je ne sais pas qui est l'interprète. Mais chose promise chose due.

Posté par pierre_chav à 11:21 - Poésie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

08 septembre 2009

La citation de la semaine est de mauvaise foi

"Ne rien faire n'est vraiment agréable que si on a beaucoup de travail en retard".

AVT2_Jerome_K_Jerome_7711 Jérôme K. Jérôme (1859-1927)

Posté par pierre_chav à 22:15 - La citation de la semaine - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,
Page suivante »