"Il disait que la maison tiendrait cinq cents ans, il avait construit vingt centimètres d'un seul mur en un mois. Ne serait-ce qu'une pièce à quatre murs, de deux mètres de haut, et sans parler de la toiture, le compte était vite fait. L'hiver allait arriver bien plus vite que ça."

C’est l’histoire d’une femme, d’un campement dans le sud de la France, d’une famille, de trois pères et autant d’enfants, des amis qui vont et qui viennent au gré des saisons. Il y est question de sanglier, de fête, de voitures cassées et rafistolées et d’un « Vénérable » ceriser.

Au premier abord la vie communautaire de la tribu peut paraître atypique - trois familles recomposées en une avec la femme pour axe centrale n’est clairement pas un modèle répandu dans la société française des années 90.- Mais tout s’enchaîne si simplement qu’on y croit. On est emporté par le rythme et la douceur du propos. Des surnoms impossibles (tronche-à-bisou, Gainsb, Le Viking…), des colères et des rires. On vit avec eux hors du temps, quand regarder un film était une fête, prendre une douche chaude, un luxe. Ca respire le bonheur sans mélancolie, la leçon de vie sans leçon ; c’est beau, c’est vrai.

On ressort de cette lecture rasséréner avec l’intuition d’avoir lu un livre essentiel. Si l’éditeur voulait ajouter un bandeau, je lui proposerai modestement: « Le livre anti crise ! »

les_ruines

Les ruines de la future maison, Hélène Dassavray (A plus d'un titre)